Élections européennes en France: un mouvement risqué pour Emmanuel Macron?

Il Sussidiario

Compte à rebours pour la France. Le 26 mai prochain, la France votera pour les élections des futurs parlementaires européens qui présideront l’Assemblée de Strasbourg. Mais le risque pour la France est que les élections pour le Parlement Européen se transforment en un referendum pour Emmanuel Macron, suite à la nouvelle méthode de scrutin.

La réforme électorale, pensée par le président français Emmanuel Macron, pourrait bien se révéler risquée, face aux récents événements qui bouleversent la France, comme les manifestations des “Gilets Jaunes”. En effet, au premier janvier 2019 la méthode de vote aux élections européennes a changé, avec l’application de la loi n°2018-509 du 25 juin 2018, qui dispose que “la République forme une circonscription unique”. Le scrutin, jusqu’alors réparti en 8 circonscriptions (les “eurorégions” du gouvernement Raffarin), sera désormais unifié en une liste unique, qui avait déjà été en vigueur entre 1979 et 2004.

Mais pourquoi retourner à une circonscription nationale?

Plusieurs arguments appuient ce choix. Les représentants européens sont souvent méconnus du grand public, et cela était encore plus le cas lorsqu’ils venaient de circonscriptions régionales. La liste unique permettrait aux citoyens français de se rapprocher de leurs élus ou du moins de s’intéresser un peu plus aux élections européennes.
D’autre part, la séparation en circonscriptions renforçait les partis importants et bien installés, qui disposaient de plusieurs représentants connus de la vie politique, de moyens et d’un ancrage local et régional plus importants. La liste unique donnerait une chance aux partis jeunes, dont le public ne connaît qu’un ou deux représentants, de se faire sa place dans les européennes. Ainsi, la République en marche (LREM) pourrait tout particulièrement profiter de ce changement électoral, puisque le parti du président participera pour la première fois aux élections européennes.
Cependant, suite aux nombreuses contestations des “Gilets jaunes”, cette méthode de scrutin pourrait changer la donne. En effet, depuis quelques mois ces citoyens expriment leur mécontentement à l’encontre du gouvernement, mouvement qui persiste dans la durée, mettant à mal la popularité du président Macron et de son parti. Or le projet de réforme avait été accepté bien avant le début des manifestations, et aurait pu constituer le moyen pour Emmanuel Macron de consolider son parti aussi bien à l’échelle nationale qu’européenne.

Dedans ou dehors?

Aujourd’hui, le risque est de voir les élections européennes se transformer en référendum pour ou contre Macron et l’action du gouvernement, deux ans après son accession au pouvoir.  
L’opposition a bien compris cela et place ses espoirs sur cette possibilité, comme a semblé le dire Marine Le Pen que, lors du meeting du Rassemblement National (RN) du 12 mars dernier, a déclaré que «à ce stade de rupture avec le peuple, s’il n’a pas la sagesse de dissoudre, alors l’arbitrage démocratique devra venir des élections européennes de mai 2019».

Francesca Wetzel, Nicola Ortu

Autore dell'articolo: LabEuropa

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