Ni droite, ni gauche : le pari risqué de la liste LREM aux Européennes ?

La campagne aux Européennes est enfin lancée pour la liste LREM dévoilée le 26 avril dernier. Alors que la liste issue du mouvement En Marche est toujours en tête des intentions de vote avec (24%), la liste divise au sein des macronistes.

En effet, si l’ambition de former une « liste de rassemblement » au sein de l’échiquier politique est clairement affichée, en interne certains dénoncent un « attelage impossible ». Et pour cause, la stratégie victorieuse aux présidentielles du « en même temps » macronien est de nouveau sur la table. Entre juppéistes, centristes, internationaux, individus issus de la société civile et anciens écologistes, la liste contient son lot de surprises ! Mais un spectre aussi large peut-il rassembler autour de « l’idéal européiste libéral » défendu par Emanuel Macron?

Une tête de liste qui a du plomb dans l’aile ?

 À défaut de maintenir un bloc idéologique resserré au sein des Macronistes. La république en marche se dotera pour tête de liste d’une fidèle de la première heure. Nathalie Loiseau est la synthèse parfaite du cadre LREM. Issue de la société civile en ayant jamais été élue, cette proche d’Alain Juppé et ancienne directrice de l’ENA fait autorité au sein du camp En marche. Mais quand est-il de sa stratégie politique pour les Européennes ? Un mot d’ordre : “Battre le Rassemblement National serait la première victoire”. Nathalie Loiseau nous confirme ici sa volonté d’endiguer  la vague populiste en cassant le clivage gauche droite ,c’est à dire : en rassemblant au plus large. Néanmoins l’idéal européen défendu par Nathalie Loiseau reste assez flou, à en juger par la mis en place d’un “Smic dans tous les pays de l’UE » et « un acte II de la réforme des travailleurs détachés” qui ne fait pas unanimité au sein de la branche droite de la liste.

Du bleu républicain au vert écologiste : un équilibre fragile

De la liste présentée aux prochaines élections européennes ressort un autre élément central : la tentative de conserver une balance politique à travers la représentation d’une diversité de partis. On note la présence de personnalités de tous bords, de la gauche à la droite en passant par des sympathisants MoDem ainsi que des juppéistes. Aux vues de ce rassemblement improbable, la question de savoir si un équilibre pourra être trouvé et maintenu semble s’imposer.
Le ralliement de Pascal Cantin, ancien directeur général de WWF France, à présent numéro deux sur la liste LREM fait notamment grincer des dents. En effet, ce dernier était connu pour avoir à plusieurs reprises critiqué le manque d’action du gouvernement vis-à-vis des gros dossiers de l’écologie. Reste donc à savoir aujourd’hui si les différends politiques et idéologiques n’auront pas raison du camp LREM dans la période à venir.

Rassembler large pour défendre une Europe contre les populismes

Le choix d’une liste aux couleurs politiques variées indique la volonté de LREM à faire barrage au parti nationaliste, RN, en lice pour les européennes. Une opposition entre progressistes et nationalistes qui rythme les campagnes électorales et fait alors ressurgir la stratégie LREM de maintenir la balance politique.  La liste « Renaissance », tente de limiter le parti d’extrême-droite qui trouve, cependant, un appui au près d’autres populistes européens. Ainsi, LREM souhaite proposer un programme européiste ample, afin de contrer la progression du populisme en Europe et préserver la stabilité des institutions européennes. Pourtant c’est une opposition populiste qui se renforce comme on peut le constater avec la rencontre prochaine à Milan des partis d’extrême-droite français, italien, finlandais, allemand et danois, le 18 mai. Une course contre les partis populistes qui requiert une liste assez large pour réunir l’électorat le plus large possible.
Cependant, c’est un affrontement dans lequel il est difficile de trouver une alternative. En effet, les partis de Gauche sont divisés et peu aptes à s’unir. Malgré la tentative de Benoit Hamon de rassembler LFI, EELV, le PCF et le PS au sein d’une même liste. Finalement les élections européennes se présentent pour les opposants à LREM, comme révélateur d’un avis favorable ou non à la politique de l’actuel Président français.

Sophie Delcher, Camille Marqueton, Arthur Vergne

Autore dell'articolo: LabEuropa

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